Augustin Cabanès, Une psychologie des grands écrivains.

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« La névropathie est un accident ; en tout état de cause, elle ne saurait être la condition obligatoire du génie. »

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Augustin Cabanès, Une psychologie des grands écrivains.

Augustin Cabanes (1862-1928) est une figure phare en matière d’histoire de la médecine, connu pour ses ouvrages relatifs à des mystères de l’histoire, et de l’histoire de la médecine en particulier. En décembre 1894, le Dr. Cabanes fonda la Chronique médicale, bimensuel où il publiait des articles inédits sur la santé des personnages de la littérature et de l’histoire, sur les relations de la médecine avec l’histoire, la littérature, l’art, la sociologie, l’économie politique, etc. Les nombreux travaux convergeant tous vers un même but de Cabanès ont provoqué le réveil de la critique médicale historique, en expliquant maintes énigmes de l’histoire, restées indéchiffrables. Félix Régnault a fait remarquer que son succès a suscité de nombreux émules en faisant déborder de plus en plus l’art médical ses anciennes frontières, pour s’intéresser à toutes les sciences ayant pour but l’étude de l’homme. Il a contribué, dans une large mesure, à élargir l’horizon jusqu’alors limité des sciences biologiques et l’histoire.

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La question, qu’au début de cet ouvrage nous nous proposons de traiter, touche à un des plus graves problèmes dont la physiologie et la psychologie aient eu à connaître ; nous devrions dire plus justement la psychologie-physiologique, car il est difficile aujourd’hui de concevoir leur désunion.

Sans refuser à la critique littéraire, nous entendons celle qu’a inaugurée Sainte-Beuve et que Taine a étendue ; sans refuser à cette critique, qui s’est inspirée, d’ailleurs, des procédés et de la méthode scientifiques, le droit de juger une œuvre littéraire, en étudiant la constitution physique de celui qui l’a conçue, nous persistons à penser que les littérateurs auront tout profit à accepter l’aide, la collaboration que leur offre le médecin, ou pour mieux dire le physiologiste et, dans certains cas à déterminer, l’aliéniste, le psychiatre.

(…)

Le professeur Charles Richet a concrété son opinion, qui est aussi la nôtre, dans une formule des plus heureuses : « Dans tout homme de génie, il doit y avoir à la fois l’âme de don Quichotte et l’âme de Sancho Pança.

« L’âme de don Quichotte, pour aller en avant, sortir des voies battues, faire autrement et mieux que le commun des hommes ; l’âme de Sancho Pança, parce que cette originalité profonde ne mène à rien si elle n’est éclairée par le bon sens, un jugement droit et la notion du réel. C’est pour n’avoir pas eu d’audace et la fantaisie de don Quichotte, que tant d’hommes érudits et distingués ont passé à côté de grandes découvertes ou de grandes œuvres sans les faire. C’est pour n’avoir pas eu le bon sens de Sancho Pança, que tant de pauvres fous ont usé leurs rêves à des chimères, sans profit pour eux et pour l’humanité. »

Entendons-nous, cependant, sur la signification du « bon sens » : « L’homme médiocre, dans sa crainte des choses supérieures, dit qu’il estime avant tout le bon sens… il entend par ce mot la négation de tout ce qui est grand. »

Pour nous, le bon sens serait plutôt le jugement sain, le frein régulateur de l’imagination tumultueuse et désordonnée. C’est par l’alliance du bon sens, ainsi entendu, et de l’inspiration, que sera réalisé, dans son intégrité, cet état de santé parfaite, intellectuelle et morale, qu’est le véritable génie.

De ce que le génie paie parfois tribut à la névrose, gardons-nous d’en inférer que cette rançon soit obligatoire.

La névropathie est un accident ; en tout état de cause, elle ne saurait être la condition obligatoire du génie.

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