Après la mort de Laure par Pétrarque

Version française

Après la mort de Laure

La vita fugge, et non s’arresta una hora

Langue : français
Texte : poème de Pétrarque, traduit par Antoni Deschamps, réorganisé et mis en musique

« Après la mort de Laure » contemple la fuite du temps depuis un monde privé de sa lumière. La mort marche derrière la vie, les instants heureux semblent n’avoir été qu’un rêve, puis l’existence prend la forme d’une nef démâtée avançant sous un ciel noir. Les yeux éteints de Laure, autrefois semblables à des étoiles, disent la disparition du guide autant que celle de l’être aimé. Le spoken word, le piano et le violoncelle accompagnent cette dérive du souvenir vers un désespoir presque sans voix.

English Version

Après la mort de Laure

La vita fugge, et non s’arresta una hora

Language: French
Text: Poem by Petrarch, translated by Antoni Deschamps, rearranged and set to music

“Après la mort de Laure” contemplates the flight of time from within a world deprived of its guiding light. Death follows closely behind life, former moments of peace appear no more substantial than a dream, and existence becomes a dismasted ship beneath a darkened sky. Laura’s extinguished eyes, once compared to stars, embody both the loss of the beloved and the disappearance of all direction. Spoken word, piano and cello accompany this passage from troubled remembrance toward an almost voiceless despair.

한국어 버전

Après la mort de Laure

La vita fugge, et non s’arresta una hora

언어: 프랑스어
가사: 페트라르카의 시를 앙토니 데샹이 프랑스어로 번역한 뒤 재구성해 곡을 붙인 작품

〈Après la mort de Laure〉는 삶을 비추던 빛이 사라진 자리에서 흘러가는 시간과 다가오는 죽음을 바라본다. 평화로웠던 순간들은 실재하지 않았던 꿈처럼 멀어지고, 화자의 삶은 돛대와 돛을 잃은 채 검은 하늘 아래 표류하는 배가 된다. 한때 별처럼 길을 밝혔던 라우라의 두 눈이 꺼졌다는 이미지는 사랑하는 사람과 삶의 방향을 동시에 잃은 슬픔을 담는다. 낭독과 피아노, 첼로는 기억이 깊은 절망으로 가라앉는 흐름을 따른다.

Après la mort de Laure


La vie avance et fuit sans ralentir le pas…
Et la mort vient derrière à si grandes journées…


La vie avance et fuit sans ralentir le pas,
Et la mort vient derrière à si grandes journées,
Que les heures de paix qui me furent données
Me paraissent un rêve… et comme n’étant pas.


Je m’en vais mesurant d’un sévère compas
Mon sinistre avenir, et vois mes destinées
De tant de maux divers sans cesse environnées,
Que je veux me donner de moi-même au trépas.


La vie avance et fuit sans ralentir le pas,
Et la mort vient derrière à si grandes journées,
Que les heures de paix qui me furent données
Me paraissent un rêve… et comme n’étant pas.


Si mon malheureux cœur eut jadis quelque joie,
Triste, je m’en souviens…
Et puis, tremblante proie,
Devant, je vois la mer…
qui va me recevoir.


Je vois ma nef sans mâts, sans antenne et sans voiles,
Mon nocher fatigué, le ciel livide et noir,
Et les beaux yeux éteints…
qui me servaient d’étoiles.


« Et les beaux yeux éteints… »


Je vois ma nef sans mâts… sans antenne et sans voiles,
Mon nocher fatigué, le ciel livide et noir…
Et les beaux yeux éteints…
qui me servaient d’étoiles.


La vie avance…
Et la mort vient derrière.

fr_FRFrench
Retour en haut

En savoir plus sur Editions Dupleix

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Continuer la lecture